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Benne, échafaudage, déménagement : l'autorisation de voirie expliquée

Benne, échafaudage, déménagement : l'autorisation de voirie expliquée

Après un achat, les travaux et l’emménagement s’enchaînent souvent. Une benne à gravats devant la maison, un échafaudage pour le ravalement, un camion de déménagement garé deux jours devant l’immeuble : dès que le chantier déborde sur le trottoir ou la chaussée, on occupe le domaine public. Cette occupation n’est jamais libre. Elle suppose une autorisation préalable, qu’il vaut mieux anticiper pour ne pas bloquer un planning d’artisans.

Deux autorisations à ne pas confondre

Le terme « autorisation de voirie » recouvre en pratique deux titres distincts. La différence tient à l’emprise sur le sol.

Le permis de stationnement

Il autorise une occupation sans emprise au sol : on pose quelque chose sur la voie, sans la modifier. C’est le cas le plus courant pour les particuliers :

  • benne à gravats ou conteneur de chantier ;
  • échafaudage pour un ravalement de façade ;
  • dépôt temporaire de matériaux (sable, palettes) ;
  • camion-nacelle, monte-meubles ou grue mobile.

La permission de voirie

Elle concerne une occupation avec emprise, c’est-à-dire des travaux qui touchent au sol ou au sous-sol du domaine public :

  • création d’une entrée charretière (abaissement de trottoir) ;
  • pose de canalisations ou raccordement sous la chaussée ;
  • palissade de chantier scellée dans le sol.

Si votre chantier gêne la circulation (rétrécissement de voie, fermeture temporaire), il faut en plus demander un arrêté de circulation, avec le Cerfa n° 14024*01.

À qui s’adresser

L’autorité compétente dépend de la voie concernée :

VoieService à contacter
Voie communaleMairie
Route départementale en agglomérationMairie
Route départementale hors agglomérationServices du département
Route nationaleServices de l’État

Dans une métropole, la gestion de la voirie peut avoir été transférée à l’intercommunalité. Le plus simple reste d’appeler le service voirie de la mairie, qui vous orientera.

Le formulaire : Cerfa 14023*01

La demande se fait avec le Cerfa n° 14023*01, formulaire unique pour la permission de voirie, le permis de stationnement et l’autorisation d’entreprendre des travaux. Il faut y indiquer :

  • l’identité du demandeur (particulier ou entreprise) ;
  • l’adresse précise de l’occupation ;
  • la nature de l’occupation et ses dimensions ;
  • les dates de début et de fin ;
  • un plan de situation et, souvent, un schéma de l’emprise.

C’est souvent l’entreprise qui fait la démarche : le loueur de benne, l’échafaudeur ou le déménageur. Vérifiez qui s’en charge au moment du devis, car l’oubli revient à celui qui pensait que l’autre s’en occupait.

Pour ne pas remplir le formulaire soi-même, des services privés préparent le dossier. Sur autorisation-voirie.fr, qui prépare et envoie la demande d’occupation du domaine public, on décrit son chantier en quelques phrases ; le service pré-remplit le Cerfa 14023*01, joint un plan coté de l’emprise et une photo de l’emplacement, puis transmet le dossier au service voirie concerné après signature en ligne. Le tarif affiché est de 9,90 €, la redevance communale restant due à part. Le site précise qu’il n’est pas une administration et qu’à Paris, Lyon et Marseille, qui ont leurs propres portails, il prépare le dossier mais que le dépôt reste à faire soi-même.

Les délais

Il n’existe pas de délai unique pour toute la France. Selon la fiche officielle de service-public, l’instruction prend généralement entre deux semaines et un mois, et ne peut pas dépasser deux mois. Attention : sans réponse au bout de deux mois, la demande est considérée comme refusée. Le silence ne vaut pas accord.

Beaucoup de communes demandent par ailleurs un dépôt au moins quinze jours, parfois trois semaines, avant le début de l’occupation. Déposez donc votre demande dès que vos dates de chantier sont connues.

La redevance

L’occupation du domaine public peut donner lieu à une redevance, appelée aussi droit de voirie. Son principe et ses tarifs sont fixés par délibération du conseil municipal : ils varient d’une commune à l’autre, souvent selon la surface occupée, la durée et le secteur. Certaines communes n’en demandent pas pour une courte occupation, d’autres facturent au jour et au mètre carré. Renseignez-vous auprès de la mairie avant de valider vos devis, surtout pour un échafaudage qui restera plusieurs semaines.

Le cas du déménagement

Pour un camion garé le temps d’un chargement, de nombreuses communes ont une procédure simplifiée de réservation de stationnement, parfois en ligne, qui donne lieu à un arrêté et à la pose de panneaux d’interdiction temporaire. Les modalités sont propres à chaque ville : délai de dépôt, panneaux fournis ou non, tarif. Si un monte-meubles ou une nacelle doit être installé sur le trottoir, on revient à un permis de stationnement classique.

Le jour J, gardez l’autorisation sur place : en cas de contrôle ou de litige avec un voisin, c’est elle qui fait foi. Pensez aussi à l’état des lieux de sortie si vous quittez une location : il se cale souvent sur la date du camion.

Ce que l’on risque sans autorisation

Occuper la voie publique sans titre expose à une contravention de 5e classe, jusqu’à 1 500 €, prévue par l’article R116-2 du Code de la voirie routière, sans compter l’enlèvement de la benne ou l’arrêt du chantier. Votre responsabilité peut aussi être engagée en cas d’accident lié à une installation non autorisée ou mal signalée.

La check-list

  1. Identifier le type d’occupation : sans emprise (permis de stationnement) ou avec emprise (permission de voirie).
  2. Repérer le gestionnaire de la voie.
  3. Décider qui dépose la demande : vous, l’entreprise ou un service tiers.
  4. Déposer le Cerfa 14023*01 dès que les dates sont fixées, avec plan et dimensions.
  5. Ajouter un arrêté de circulation si la circulation est gênée.
  6. Budgéter la redevance éventuelle.
  7. Afficher et conserver l’autorisation pendant toute l’occupation.

Ces démarches s’inscrivent dans la dernière ligne droite d’un projet, que notre guide des étapes d’un achat immobilier retrace de bout en bout.

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